La hiérarchie de juste valeur classe les évaluations selon l’observabilité des données utilisées. Elle ne classe pas les actifs selon une échelle générale de sécurité ou de liquidité.
Un reclassement modifie la catégorie dans laquelle une évaluation apparaît. Pour comprendre ce changement, il faut suivre les données qui soutiennent l’évaluation et distinguer leur évolution de celle de l’actif lui-même.
Les données derrière les niveaux
Le niveau 1 repose sur des cours non ajustés d’éléments identiques dans un marché actif accessible. Le niveau 2 utilise d’autres données observables, directement ou indirectement. Le niveau 3 fait intervenir des données non observables significatives pour l’évaluation. Le classement de l’ensemble suit les données significatives les moins observables utilisées dans le calcul.
La présence d’un modèle ne suffit donc pas à définir le niveau 3. Un modèle alimenté par des données observables et un modèle dépendant d’hypothèses non observables significatives ne présentent pas la même base d’évaluation.
L’observabilité concerne les données. La liquidité concerne les possibilités de transaction. Un prix estimé à partir d’informations de marché ne garantit pas qu’un acheteur prendra immédiatement toute la position au prix estimé.
Le reclassement et la variation du portefeuille
Prenons une catégorie de niveau 3 contenant 20 G$ d’actifs. Supposons qu’une position de 5 G$ passe au niveau 2 sans vente et sans changement de valeur. Le niveau 3 diminue de 25 %, mais les actifs détenus et leur valeur totale restent identiques dans cet exemple.
Une autre diminution de 5 G$ obtenue par une vente produirait le même changement apparent dans la catégorie. Elle correspondrait à une opération différente. Une baisse de valeur de 5 G$ constituerait un troisième mécanisme.
Le passage entre deux soldes doit donc conserver séparément les achats, les ventes, les variations de valeur et les transferts entre niveaux. Le total final ne permet pas de reconstituer seul ces mouvements.
Ce que le lecteur peut suivre après le transfert
L’analyse porte sur les mêmes actifs avant et après leur reclassement. Elle examine la justification du nouveau niveau, les données devenues observables et le détail conservé dans les notes. Un transfert peut améliorer la base d’évaluation lorsque des informations de marché pertinentes deviennent disponibles.
Le suivi examine aussi les sensibilités. Une sensibilité décrit la variation d’une évaluation lorsque change une hypothèse, selon les paramètres du calcul. Elle ne donne pas une probabilité de perte. Si l’information est regroupée autrement après un transfert, il faut retrouver son nouveau périmètre avant de conclure qu’elle a disparu.
La diminution d’une catégorie de niveau 3 décrit un changement de composition comptable. Le jugement sur l’incertitude d’évaluation exige le rapprochement des mouvements et des données sous-jacentes. Le jugement sur le risque économique exige encore d’autres observations : exposition, endettement, concentrations et conditions de sortie.
