Une comparaison à réseau constant mesure l’évolution d’un indicateur parmi les mêmes organismes, pendant des périodes comparables. Elle sépare cette évolution de l’effet produit par l’entrée ou la sortie d’organismes dans la collecte.
Le volume d’aide alimentaire observé dépend de trois éléments : les besoins qui conduisent à demander de l’aide, l’accès aux organismes et leur capacité de répondre. Un registre de services décrit ce qui atteint le réseau et ce que celui-ci consigne. Il ne recense pas, par construction, tous les besoins de la population.
Séparer la croissance du réseau et celle de son activité
Prenons 100 organismes qui servent ensemble 10 000 repas pendant un mois. Un an plus tard, les mêmes organismes en servent 11 000 pendant le mois comparable. Dix nouveaux organismes ajoutent 2 000 repas. Le réseau élargi présente une hausse de 30 %, tandis que les organismes communs aux deux périodes présentent une hausse de 10 %.
Les deux taux sont exacts. Le premier mesure l’activité du réseau tel qu’il existe à chaque date. Le second mesure l’évolution au sein du groupe conservé. Aucun des deux ne prouve une augmentation de 30 % ou de 10 % du nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire.
La décomposition conserve aussi les organismes sortants. Leur absence dans la deuxième collecte n’efface pas les services qu’ils assuraient pendant la première. Une comparaison complète distingue les changements chez les organismes communs, l’activité des entrants et celle des sortants.
Conserver la même unité d’observation
Un repas, une visite et une personne distincte produisent trois dénombrements. Une personne qui reçoit cinq repas représente cinq repas et une personne. Deux organismes qui accueillent cette personne produisent deux dossiers; leur addition donne deux personnes seulement si les dossiers ne sont pas rapprochés.
La période fait partie de la définition. Le nombre de personnes distinctes pendant un mois ne devient pas un nombre annuel par multiplication : une même personne peut revenir pendant plusieurs mois. Un volume annuel de repas exige, pour sa part, des observations sur l’année ou une hypothèse explicite d’extrapolation.
Le plafond de capacité du réseau
Prenons un comptoir capable de préparer 200 paniers par semaine. Il reçoit d’abord 200 demandes, puis 260. S’il reste à 200 paniers et ne consigne pas les refus, son volume observé demeure stable malgré la hausse des demandes.
Ajouter un organisme peut rendre visibles des besoins auparavant sans service. Cette augmentation de couverture améliore l’accès et la mesure. Elle ne constitue pas, à elle seule, une aggravation équivalente des besoins.
Le taux à réseau constant répond donc à une question délimitée : comment l’activité a-t-elle changé chez les mêmes organismes? Pour examiner les besoins au-delà de cette activité, il faut conserver séparément les demandes non satisfaites, les limites d’accès et les mesures portant sur la population. La qualité d’un bilan dépend de cette séparation, autant que de la précision de son total.
